Partis du Perche au tout début du 17e siècle, une poignée de paysans et d’artisans ont rejoint les rives du Saint-Laurent en quête d’une nouvelle vie. Ils sont les premiers à s’être installés en Nouvelle-France qui deviendra le Québec et le Canada.
Nos cousins d’Amérique
Malgré son accent bien marqué du Québec, la chanteuse Céline Dion est normande ! De même, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, l’est aussi. Et l’on pourrait ajouter à la liste, l’acteur Ryan Goslin ou, encore, le réalisateur Xavier Nolan. Bon soyons honnête, tous ne sont en réalité que d’origine normande. Parce que, comme bien d’autres Canadiens et Québécois, leur arbre généalogique remonte jusque dans le sud de la Normandie, le Perche, d’où sont partis, au 17e siècle, un groupe d’aventuriers pour le Nouveau Monde.

Tourouvre à l’origine du Nouveau Monde
D’ailleurs, en parcourant l’église Saint-Aubin de Tourouvre, dans l’Orne, le visiteur peut-être surpris d’y trouver deux vitraux singuliers : l’un représentant le départ pour le Canada d’un enfant du pays, Julien Mercier, vers 1647 ; l’autre témoignant de la visite à Tourouvre d’Honoré Mercier, premier ministre du Québec et arrière-petit fils de julien, en 1891. Associés aux plaques qui rappellent l’émigration des Percherons au Canada, le promeneur comprend bien vite qu’il se trouve, là, dans l’un des berceaux des premiers colons du Canada et du Québec.
27 pionniers-aventuriers
Il faut imaginer ce paysage typique de la Normandie, dessiné de collines, de bocage et de bois desquels émergent les clochers de Tourouvre, de La Ventrouze, Mortagne-au-Perche, Verneuil-sur-Avre et d’Autheuil, au printemps 1634. Dans ce coin de verdure, et sous l’impulsion de Robert Giffard, médecin apothicaire, vingt-sept hommes, femmes et enfants prennent la route à pied en direction de Dieppe, à deux cents kilomètres plus au nord. Le petit groupe découvre alors la mer pour la première fois au moment où il embarque à bord d’un trois-mâts de commerce de trente mètres de long. Après deux mois d’un voyage éprouvant, la petite trentaine de normands remonte enfin le fleuve Saint-Laurent et jette l’ancre devant la future capitale de la Nouvelle-France, Québec ; tout près de l’habitation du pionnier Samuel de Champlain.
Commerce de fourrures
Ainsi, plusieurs Percherons prendront la route vers ces contrées lointaines tout au long du 17e siècle. Et si depuis un siècle déjà, les expéditions de Jacques Cartier et les campagnes de pêche à la morue bretonnes et basques ont bien tenté, sans succès, d’essaimer quelques colonies dans ce pays vierge, c’est en réalité la traite des fourrures avec les Amérindiens qui va voir l’installation de colons et de structures dans la région.

Les patronymes percherons de la Belle-Province
Aussi curieux que cela puisse paraître, les vingt-sept premiers Percherons ont eu une influence toute particulière sur l’état-civil de la Belle-Province. En effet, il semblerait que l’un d’eux, le charpentier Zacharie Cloutier, soit à l’origine de 80% des Québécois francophones. Les patronymes Tremblay et Gagnon s’élèveraient aujourd’hui à 500 000 pour la province. Les Guyon, eux, sont à l’origine des Dion d’Amérique parmi lesquels la chanteuse Céline. Et les Juchereau, Drouin ou Boucher viennent aussi de ce berceau qu’est le Perche.
Pas étonnant ainsi que l’on appelle les Québécois « nos cousins d’Amérique ».
15 rue du Québec 61190 TOUROUVRE AU PERCHE
Mon itinéraire
Pour aller plus loin
- Liste des émigrants partis du Perche aux 17e et 18e siècles
- Les séjours généalogiques de Racines Voyages dans le Perche
- L’association Perche-Canada
- Office de tourisme des Hauts du Perche