Vous vous êtes peut-être déjà demandé à quel âge on pouvait parler du Débarquement à ses enfants. On vous emmène avec nous sur les Plages du Débarquement. Apprendre en s’amusant, même sur un sujet aussi sérieux, c’est possible.

A quel âge peut-on confronter les enfants à l’Histoire ?

Enfant à Arromanches sur les plages du Débarquement - D-Day

Je me présente. Moi, c’est Dominique. Simon, 7 ans et demi et Chloé, 10 ans, eux, m’appellent maman. Mehdi, mon mari, et moi sommes passionnés d’histoire. C’est donc tout naturellement que nous décidons d’embarquer les enfants pour un week-end axé sur le D-Day. Je pense que les enfants sont en mesure de comprendre cette période sombre de l’Histoire à partir de 7/8 ans. Pour notre périple, nous avons choisi de « poser le camp » à Bayeux avec ses ruelles pavées, son héritage médiéval et ses bons petits restos.

Une plage, une histoire…

Jour 1. Nous arrivons à Courseulles-sur-Mer. Pour un mois d’avril, le temps n’est pas au beau fixe et surtout il fait un froid de canard ! A peine garés, les enfants courent vers la plage. Une longue plage de sable. L’endroit même où les troupes canadiennes ont débarqué en 1944. J’explique aux enfants que le Débarquement a eu lieu à marée basse et que la mer était bien plus agitée qu’aujourd’hui. On entre ensuite dans un bunker. Chloé nous pose un tas de questions. Simon, lui, brandit un pistolet fictif. Je lui dis de ne pas jouer à la guerre.

courseulles-sur-mer

Plage de Courseulles-sur-Mer – Juno Beach © Danielle Dumas

Le Centre Juno Beach : un musée pensé pour les enfants

A quelques mètres de la plage, se dresse le Centre Juno Beach. C’est le musée canadien des Plages du Débarquement. Dans le musée, nous faisons la connaissance de Vincent, l’un des jeunes guides québécois de Juno, avec son « drôle d’accent », comme il dit. Le film de 4mn débute. Il est projeté dans ce qui évoque un bateau à fond plat. Les témoignages sonores nous plongent dans l’histoire de ces soldats et de leurs familles restées au pays. Nous voici ensuite dans l’espace dédié au Canada des années 30. Ici, les enfants peuvent manipuler. Prévoyez minimum 1H30 pour visiter le musée. A la fin de la visite, on s’amuse à compter le nombre de « points coquelicot » récoltés.

L’incontournable de l’étape : le port artificiel d’Arromanches

Jour 2. On s’est levé tôt ce matin. Aujourd’hui, le soleil brille ! On arrive à Arromanches sur les coups de 9h30. L’heure idéale, avant que les vagues de visiteurs ne déferlent. S’il n’avait pas fait si froid, nous nous serions garés tout en haut, au niveau du musée Arromanches 360. Nous voilà en train de marcher sur le sable. A marée basse, le premier caisson est accessible. C’est agréable de se trouver là. Les embruns du matin nous réveillent, ainsi que le souvenir de ces hommes qui installèrent ce port artificiel impressionnant.

Un déjeuner légèrement contrarié

Pour la pause déjeuner, on a décidé de braver la météo. Direction Saint-Laurent-sur-Mer, pour un pique-nique devant la statue Les Braves. La marée monte. Les enfants courent autour de la statue. Arrive ce qui devait arriver. Chloé et Simon se laissent surprendre par une petite vague. Leur pantalon est trempé ! Heureusement, il y a de quoi se changer dans la voiture. Nous prenons la route du Cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Nous comptions également aller à la Pointe du Hoc, un site impressionnant avec ses cratères creusés par les bombardements, mais ce sera pour une prochaine fois.

Les 9388 tombes du Cimetière américain

On se gare sur le grand parking. Il y a beaucoup de monde ce jour-là. Devant le grand miroir d’eau, une carte indique la progression des troupes. Nous voici devant la tristement célèbre Omaha Beach (plage d’Omaha). Difficile d’imaginer, dans ce décor de pins marins et de longues plages de sable, que des centaines de soldats ont péri ici même. L’image de ces 9388 tombes (et étoiles de David), d’un blanc immaculé, est forte en émotion. Simon lit à voix haute le maximum de prénoms : « Kenneth », « Frank », « Albert »… Sa façon à lui de leur rendre hommage.

Cimetière américain de Colleville-sur-Mer © Danielle Dumas

La cérémonie des couleurs : l’émotion à son paroxysme

La cérémonie de descente du drapeau américain a lieu tous les jours, à 16h ou 17h, en fonction de la saison. Les visiteurs commencent à affluer. Puis le silence se fait. Au son du clairon, le drapeau américain est descendu, puis consciencieusement plié. Retentit alors le Taps, l’équivalent américain de la sonnerie aux morts de l’armée française. Là encore, pas un bruit ne vient rompre ce silence solennel, si ce n’est ce petit vent qui s’est levé. Nous quittons ce lieu de mémoire emblématique. Ce circuit aura permis aux enfants de mettre des images sur les cours d’histoire. Nous regagnons Bayeux et nous baladons dans cette jolie cité médiévale, miraculeusement épargnée par les bombardements de 1944. Nous savourons l’instant présent et mesurons la chance que nous avons de vivre dans un pays en paix.

Cimetière américain de Colleville-sur-Mer © Danielle Dumas

Rédigé par Eva Tessier


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