Dès le XVIIe siècle, le terme « chaumière » décrit une maison couverte de chaume où loge un paysan et sa famille. Aujourd’hui à travers la campagne ou dans les villages, la chaumière, faite à partir de matériaux locaux et selon des techniques ancestrales, incarne une Normandie traditionnelle.

Vous avez dit une chaumière ?

La chaumière est le plus souvent rectangulaire et plutôt étroite. De plain-pied, ses occupants passent d’une pièce à l’autre sans emprunter de couloirs. Extérieurement, le toit de chaume a une forte pente et peut être débordant aux extrémités. Cette disposition facilite l’écoulement de l’eau de pluie et protège les pignons sur lesquels un escalier peut être aménagé pour accéder au comble.

Des matériaux adaptés à l’environnement

Construite selon des techniques très anciennes, la chaumière est édifiée avec des matériaux locaux. Elle est construite sur un soubassement de pierres issues des carrières de calcaire de la vallée de la Seine et du silex retrouvé dans les poches d’argile. Les murs sont faits de torchis et de pans de bois, coupé dans les forêts environnantes comme la forêt de Brotonne. La structure est recouverte d’un toit de chaume. L’ensemble des matériaux prêtent ainsi à la chaumière des couleurs qui lui permettent de s’intégrer dans le paysage.

Chaumière sous la neige
Chaumière dans l’Eure © M-A. Thierry

Une chaumière au toit fleuri

Le chaume utilisé pour la toiture a donné son nom à ce type d’habitat. Mais les matières premières peuvent varier selon la localisation de la chaumière. En effet, dans des zones céréalières, le couvreur emploie de la paille de blé ou de seigle. Alors que dans les zones marécageuses, le roseau est privilégié. Quel que soient les matériaux, les qualités thermique et phonique sont conservées. Mais comment procède-t-on en Normandie ? Après avoir sélectionné des tiges de petit diamètre, le couvreur les dispose sur le toit en partant du bas et en progressant vers le haut. Une fois arrivé au sommet, les tiges de chaume sont recourbées et attachées ensemble. Elles sont ensuite recouvertes de terre sur laquelle des iris sont plantés, consolidant ainsi la structure. La durée de vie d’un toit de chaume peut varier entre 30 à 50 ans selon les matériaux.

Où voir des chaumières en normandie ?

Pour découvrir les chaumières, vous pouvez cheminer entre Seine-Maritime et Eure. Votre voyage commence alors le long de la Veules. C’est le plus petit fleuve de France qui traverse la station balnéaire de Veules-les-Roses, située sur la Côte d’Albâtre. Sur ses rives, de charmantes chaumières se cachent derrière un abreuvoir, d’autres s’offrent aux regards le long du chemin des cressonnières.

Chaumière à Veules-Les-Roses
Chaumière à Veules-Les-Roses © Marc Lerouge

Vous poursuivrez votre balade dans le Marais Vernier sur « la route des chaumières » proposée par le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande. Depuis Notre-Dame-de-Bliquetuit, vous traverserez Vatteville-la-Rue, Aizier, Vieux-Port, Quillebeuf où vous pourrez admirer d’autres curiosités tant architecturales que naturelles comme un colombier en pans de bois, le pâturage avec des troupeaux de bovins d’Ecosse ou les oiseaux migrateurs de la Réserve Naturelle du Marais Vernier.

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