Patrie de naissance de nombreux écrivains, la Normandie a aussi été une terre d’inspiration. On peut aujourd’hui s’immerger dans la vie de ces artistes en visitant l’une des 19 « Maisons des Illustres » situées en Normandie. Ou la parcourir à travers leurs yeux et leurs œuvres.

Qu’est-ce qu’une « Maison des Illustres » ?

Ce label attribué par le Ministère de la Culture a vu le jour en 2011. Il vise à promouvoir « des lieux dont la vocation est de conserver la mémoire de femmes et d’hommes ayant eu une influence sur l’histoire politique, sociale et culturelle de la France ». La Normandie en compte 19 (voire une vingtième si l’on compte les Iles Anglo-Normandes) dont 11 consacrées à des écrivains. Certains auteurs en comptent d’ailleurs deux, comme Pierre Corneille, Victor Hugo et Gustave Flaubert.

Si la Normandie n’est pas présente dans l’œuvre de certains d’entre eux, comme le dramaturge Corneille ou le précurseur en science économique Boisguilbert, on retrouve cependant avec plaisir leur cadre de vie et de travail dans « leurs » maisons des Illustres : les deux consacrées à Corneille en métropole rouennaise, et le château de Bois-Guilbert à une trentaine de kilomètres de-là.

Jardin du musée Pierre Corneille
Jardin du musée Pierre Corneille © SMA M.Harel ©SMA76-M.Harel

L’historien Michelet, quant à lui, a passé beaucoup de temps au château de Vascoeuil où un musée lui est dédié dans un joli bâtiment à colombages. Et Jacques Prévert, lui aussi conquis par notre région, s’y est installé en 1971 jusqu’à son décès, nous laissant son atelier à Omonville-la-Petite, près de la Hague, témoin de sa créativité et de sa poésie.

Extérieur petite maison prevert
La petite maison prevert © CD50

Laissez-vous guider…

Parcourir notre territoire en lisant la correspondance de Victor Hugo peut s’avérer aussi instructif qu’agréable. Le poète écrit un véritable guide de voyages lorsqu’il partage à sa femme Adèle ses émerveillements et ses déceptions lors de ses pérégrinations, de Rouen, « la ville aux cents clochers », au Mont Saint-Michel, « pyramide des mers ».
Moins descriptifs mais passionnants sont les écrits de Barbey d’Aurevilly pour se plonger dans l’ambiance aurévillienne du Cotentin (notamment « les Diaboliques » et « le Chevalier Des Touches »), ceux de Flaubert ou Maupassant pour parcourir Rouen et le Pays de Caux (« Madame Bovary » à laquelle sont dédiés un circuit et une promenade autour de Ry, « Une vie »).
De même, Cabourg et ses environs sont aujourd’hui indissociables d’« À la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Et que dire d’une visite d’Étretat ou des abbayes du Pays de Caux en compagnie d’Arsène Lupin ?

Se laisser embarquer par la fiction

Mais de nombreux écrivains jouent avec nos repères. Ainsi Flaubert s’inspire de Ry pour l’environnement de Madame Bovary et la rebaptise Yonville-l’Abbaye. Proust fait de même avec Cabourg qui devient Balbec et Maurice Leblanc aime mélanger des lieux qu’il connaît bien. Le château de Tancarville notamment apparaît régulièrement dans ses romans par des descriptions, mais souvent sous un autre nom. Ainsi, parcourir le Pays de Caux peut se relever une énigme « à la Lupin » pour démêler le vrai du faux ou reconstituer la réalité à partir de la fiction. Et cela ne fait-il pas aussi partie du charme que de se laisser embarquer par la fiction ?

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