Il suffit d’entendre leurs noms pour penser instantanément à la Normandie. Derrière les fourneaux ou à table, ils sont ces précieux alliés qui subliment un repas (souvent à base de beurre et de crème) et ravivent de jolis souvenirs vécus en Normandie. Mais les connaissez-vous vraiment ? Cidre, pommeau, calvados, poiré et Bénédictine, nos experts ont enquêté pour vous dévoiler leurs secrets de fabrication.

Le cidre, un « vieux » qui revient à la mode

Son origine serait très ancienne. Les Normands l’ont-ils inventé ? C’est la même question que se posent Basques et Bretons. Son existence remonterait à l’Antiquité. Une chose est certaine : la Normandie domine aujourd’hui la production française. Les sols, le climat, et la diversité des pommiers, hautes et basses tiges, permettent de produire des fruits d’une qualité exceptionnelle. Pour le cidre, les producteurs utilisent essentiellement des pommes amères ou douces amères.

Elles sont récoltées dès la mi-septembre. Après le broyage et un passage en cuve, par pressurage, un premier jus est extrait. Puis le soutirage élimine les dernières impuretés. La fermentation débute. Les levures naturelles entrent en action. Le sucre se transforme dès lors en alcool. La magie opère ! Après la mise en bouteille, la fermentation se poursuit en bouteille.

Pommes du pays d'Auge
Pommes du pays d’Auge © Caroline Bazin

Le cidre, doux, corsé, fruité, s’associe parfaitement avec des plats à base de poissons, de viandes blanches et surtout avec un plateau de fromages normands au lait cru bien évidemment !

Trois territoires disposent d’appellations pour protéger ce savoir-faire d’exception :

Le Calvados, la boisson normande par excellence

Calvados Domaine Dupont
Calvados © M-A Thierry

Sa production serait attestée depuis au minimum 1553. Le sire de Gouberville, gentilhomme habitant dans le Cotentin, écrivait dans son journal « la distillation du cidre en vue de d’obtenir l’eau-de-vie ».

Aujourd’hui, trois AOC encadrent et protègent la production : le « calvados », le « calvados pays d’Auge », le « calvados domfrontais ». Mais comment se différencient-ils ?

  • Le « calvados » est le résultat d’une distillation dans un alambic à colonne.
  • Pour l’AOC « pays d’Auge », une double distillation (près de 18 à 20 heures dans un alambic à repasse) est exigée. La zone géographique est très limitée.
  • Le « domfrontais » se démarque par les caractéristiques du sol (schiste et granit du massif armoricain), l’introduction de 30% de poiré minimum et la simple distillation. Il représente 1% de la production totale de calvados.
Calvados bouteille
Calvados © Le photographe du dimanche / Calvados Attractivité

A la sortie de l’alambic, le calvados titre autour de 70°. Ce n’est pas le meilleur moment pour le déguster ! Il entame alors sa phase de vieillissement en fûts de chêne et bénéficie de la fraîcheur et l’obscurité du chai. Avec le temps, il s’arrondit et développe des arômes uniques, propres à chaque domaine. En bouteille, le produit ne s’affine plus. Il est prêt pour la dégustation ! Et pourquoi pas devenir un jour maître de chai ? Avant de devenir expert, testez notre Expérience Normande.

Le Pommeau, le savant assemblage de cidre et de Calvados

Il est au calvados ce que le Pineau des Charentes est au cognac. Le moût, obtenu après le soutirage, est muté avec du calvados (vieilli au moins un an et titrant au minimum à 65 %). Les levures et bactéries stoppent immédiatement leur activité donc la fermentation. Le taux de sucre et d’alcool se stabilisent et l’ensemble vieillit pendant au minimum 14 mois dans un fût de chêne.

Depuis 1991, le pommeau de Normandie est protégé par une AOC. En 2020, ce sont plus de 600 000 bouteilles qui ont été commercialisées. Un véritable succès ! En cuisine, il entre idéalement dans la préparation de recettes à base d’huîtres, de coquilles Saint-Jacques ou pour parfumer une tarte fine aux pommes.

Le poiré domfront, la finesse et l’effervescence

Sur le territoire du Domfrontais, plus de 100 000 poiriers produisent plus de 25 000 tonnes de poires par an. L’AOC couvre un territoire de 40 communes dans trois départements, la Manche (Normandie), la Mayenne et l’Orne (Normandie). La « plant de blanc », petite poire juteuse et acidulée, est la plus couramment utilisée. Comme pour le cidre, la fermentation est lente (entre 3 et 4 mois), sans ajout de gaz. L’effervescence est naturelle !

Ses fines bulles, sa couleur or blanc, argenté, allant jusqu’au doré intense, sa rondeur, qui contraste avec sa tonicité, surprendront à coup sûr vos invités ! Notre conseil : le déguster à la flûte et frais (10°).

La Bénédictine, mystérieuse et sans pomme !

Bénédictine 1888
Bénédictine 1888 © Palais Bénédictine

C’est un des lieux incontournables à visiter à Fécamp qui enchante les visiteurs par son architecture atypique dans le style néogothique et néo-renaissance. Derrière les portes et l’escalier monumental, est conservé l’un des secrets les mieux gardés : la recette de la liqueur Bénédictine.

Créée en 1510 par un moine bénédictin, la recette aurait disparu avant d’être redécouverte par un négociant en vin, Alexandre Le Grand ! Maîtrisant les bases du marketing avant l’heure, il en a fait l’une des liqueurs les plus connues au monde. Savant mélange de 27 plantes et épices, elle se déguste en cocktail, à l’apéritif ou en dessert. Au-delà de la visite, il est possible de s’initier à l’élaboration de cocktail. Quelques glaçons, du citron, un tour de shaker et le résultat est au rendez-vous !

Maintenant, ces alcools normands n’ont plus de secrets pour vous ! Il ne vous reste qu’une seule chose à faire : vous rendre en boutique, commander l’une de ces boissons, l’associer à un plat ou vous la jouer à la Tom Cruise comme dans le film Cocktail !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Infos pratiques

Drinkcalvados.com

Le cidre de Normandie

Le pommeau de Normandie

Le poiré de Domfront

Palais Bénédictine
110 rue Alexandre Le Grand
76400 Fécamp
02 35 10 26 10
benedictinedom.com


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